L’alphabet et les sons arabes: Episode II

Premiers babillements et premiers gribouillis…

Comme je l’ai souligné dans l’article précédent, l’arabe est une langue « phonétique » : à chaque lettre correspond un son unique (ou presque). Fort bien ! Cela limite le risque de confusion(s).

Dans cet article, je décortique les lettres de l’alphabet arabe (les accents, c’est pour plus tard et la hamza, encore plus tard) et tente d’apporter quelques informations susceptibles d’intéresser tous les néophytes. Pourquoi ? Tout simplement parce que 12 de ces lettres correspondent à 12 sons qui n’existent pas en français.

NB : Pour transcrire les sons, j’utilise l’API (alphabet phonétique international) qui, comme son nom l’indique, est… international. So what ? A chaque son correspond un et un seul signe et c’est bien pratique car il convient pour transcrire phonétiquement (prononciation) toutes les langues du monde. Pour ceux d’entre vous qui découvrent l’API en même temps que cet article, n’ayez crainte, les exemples vous permettront de vous familiariser sans trop de difficultés avec ce dernier.

1. 28 lettres = 28 sons?

Presque: 30 sons, dont 27 consonnes et 3 voyelles (longues).

Comme énoncé un peu plus haut, 12 de ces sons n’existent pas en français. Hmmm… Alors comment les identifier clairement d’un point de vue phonique (ce que je perçois dans mon oreille et la gymnastique articulatoire à réaliser pour produire correctement un son) ?

Pour faciliter les choses (ou du moins la prise de conscience des différences entre l’arabe et le français), j’ai tout d’abord réalisé le petit tableau qui figure ci-dessous et qui reprend les informations suivantes (de droite à gauche) : lettre arabe – transcription phonétique – lettre arabe en alphabet latin (translittération). Celles qui n’existent pas en français apparaissent en vert. Viendra ensuite un focus lettre par lettre.

NB: Il y a différentes manières d’écrire l’alphabet arabe grâce au système de translittération, la manière dont les lettres arabes sont écrites dans mon tableau ne correspond donc pas forcément à celle du livre ni d’ailleurs aux différentes chartes officielles de translittération (simple question de préférence personnelle).

Pour écouter les sons, cliquez ici, ici ou encore ici.

Pour télécharger ce tableau au format pdf, un petit clic ici.

2. Focus lettre par lettre

Ici, on retrouve un petit descriptif pour chaque lettre/son. Lorsque le son existe en français, un mot français qui commence par ledit son (sauf les deux derniers, où le son est en milieu de mot) est tout simplement donné en exemple et, tant qu’à faire, puisque c’est le cours d’arabe qui nous réunit, j’ai choisi des mots français empruntés à l’arabe comme exemple. Si le son n’a pas d’équivalent en français, j’établis une comparaison avec une autre langue quand c’est possible sinon j’essaie de décrire le son d’un point de vue articulatoire (quelle gymnastique dans la bouche) ou de le rapprocher de « quelque chose » susceptible d’évoquer sa perception afin d’en faciliter « l’accouchement ».

= comme dans alchimie

= comme dans baraka

= comme dans toubib

=   comme dans le mot anglais thing (sifflement sourd)

= comme dans jupe

= C’est un « h » fortement expiré.

= comme dans le mot espagnol juego (cette lettre s’appelle « jota » en espagnol)

= comme dans divan

= comme dans le mot anglais those (sifflement sonore)

= C’est le « r » roulé (comme en espagnol, en roumain, en italien, etc.).

= comme dans zéro

= comme dans souk

= comme dans chiffre

= C’est un « s » emphatique, son prononcé à l’arrière de la cavité buccale (un peu comme si on allait bailler en même temps, l’intérieur de la bouche se creuse de manière à former une grande cavité).

= C’est un « d » emphatique, son prononcé à l’arrière de la cavité buccale (un peu comme si on allait bailler en même temps, l’intérieur de la bouche se creuse de manière à former une grande cavité).

= C’est un « t » emphatique, son prononcé à l’arrière de la cavité buccale (un peu comme si on allait bailler en même temps, l’intérieur de la bouche se creuse de manière à former une grande cavité).

= C’est un « th » emphatique, prononcé à l’arrière de la cavité buccale (un peu comme si on allait bailler en même temps, l’intérieur de la bouche se creuse de manière à former une grande cavité).

= Pfff, comment dire… Celui-ci, c’est un son guttural qui vient du plus profond de la gorge (la racine de la langue recule vers le fond de la gorge et le pharynx se ferme un bref instant avant la propulsion du son). Pour ceux que ça intéresse, il s’agit d’une occlusive glottale emphatique (en charabia linguistique). Ce qui s’en rapprocherait apparemment le plus en français, c’est la manière dont les Parisiens attaquent parfois le « a » en début de mot (« Euh, Attends, là, PAris… »). PS: J’autorise les Parisiens à me gratifier d’une petite blague belge en retour pour avoir pris cet exemple, c’est de bonne guerre.

= comme dans ramdam  = « r » grasseyé (quasi équivalent à celui du français)

= comme dans fakir

= C’est un « k » emphatique, son prononcé à l’arrière de la cavité buccale (un peu comme si on allait bailler en même temps, l’intérieur de la bouche se creuse de manière à former une grande cavité).

= comme dans couscous

= comme dans lascar

= comme dans maboul

= comme dans nuque

= C’est un « h » légèrement expiré.

= comme dans zouave ou comme dans nouba

= comme dans razzia ou comme dans kif-kif

Voilà, j’en ai fini avec mon petit état des lieux des consonnes (et voyelles longues). Je reste bien sûr ouverte à toutes les remarques, corrections et suggestions.

Prochaine étape, les voyelles brèves et autres diacritiques (accents)…

Yallah!

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3 commentaires sur “L’alphabet et les sons arabes: Episode II

  1. Bonjour je m’appelle Myriam. Merci beaucoup pour ce résumé ^^.
    J’aimerais savoir si il serait possible de m’envoyer par mail le détail que vous avait donné pour la 18ème lettre en disant que c’était « une occlusive glottale emphatique », pour toute les autres consonnes qui n’existent pas en français à savoir les lettres 4, 6, 7, 9, 10, 14, 15, 16, 17, (18), 19, 21, 26 et celle que j’ai oublié (mode d’articulation et lieu d’articulation). J’en serais très heureuse.
    Cordialement

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